
Difficile de les confondre avec quelqu’un d’autre. Leur blondeur, leur silhouette menue et surtout leur ressemblance presque parfaite ont fait des soeurs Olsen des visages immédiatement reconnaissables. Malgré leur petite taille – elles mesurent toutes deux 1m55 -, elles attirent les regards depuis près de quarante ans. Il faut dire qu’elles ont fait leurs débuts à la télévision alors qu’elles n’avaient que neuf mois, dans la série La Fête à la maison, où elles se sont relayées pendant huit saisons dans le rôle de Michelle Tanner.
Quarante ans, c‘est justement l’âge que fêtent Mary-Kate et Ashley Olsen ce 13 juin 2026. L’occasion de revenir sur leur parcours exceptionnel, en tant qu’actrices bien sûr, mais surtout en tant que créatrices, une activité qu’elles exercent depuis leur départ d’Hollywood pour lancer The Row, leur maison de mode. Une entreprise devenue si prospère que les deux jumelles sont aujourd’hui considérées comme des icônes mondiales de la fashion sphère.
Avant de comprendre comment elles sont devenues des références de la mode contemporaine, retour sur le parcours singulier de ces deux femmes hors normes… C’est grâce à leur mère, Jarnette, qui possède des contacts dans le monde du spectacle, que ses filles décrochent leur rôle dans la sitcom. Au-delà de leur frimousse télégénique, les producteurs y voient également un avantage économique considérable : la législation limitant le temps de travail des très jeunes enfants, disposer de deux jumelles permet de les faire alterner devant la caméra sans ralentir le rythme des tournages. Un atout précieux.
L’union faisant la force, Mary-Kate et Ashley profitent rapidement de leur notoriété et de leur gémellité pour fonder avec leur père une société de production au nom particulièrement évocateur : Dualstar.
Le succès est fulgurant. Présentes très tôt dans les foyers américains, elles deviennent de véritables stars. Au tournant des années 2000, elles multiplient films et séries tout en développant un merchandising particulièrement efficace. Livres, parfums, magazines, posters, poupées : les soeurs Olsen exploitent leur popularité sur tous les fronts, y compris dans l’univers du vêtement avec des collections à leur effigie.

En 2006, Mary-Kate et Ashley Olsen posent les fondations de ce qui deviendra leur aventure dans la mode haut de gamme. Autour d’un tee-shirt aux lignes épurées imaginé par Ashley l’année précédente, elles conçoivent une petite collection comprenant également un legging en satin de coton et une robe en cachemire. Le concept séduit rapidement l’enseigne de grands magasins Barneys New York, qui décide de le commercialiser. Porté par cet accueil favorable, leur projet se développe bien au-delà de ses premières créations et s’étend au prêt-à-porter, aux sacs, aux lunettes de soleil ainsi qu’aux chaussures.
Les bases de The Row sont posées. Le nom de la marque est inspiré de Savile Row, une rue londonienne située dans le quartier huppé de Westminster, célèbre pour ses tailleurs traditionnels. La tradition, justement, va guider les deux soeurs. À une époque où les figures de la télé-réalité et des tapis rouges affichent couleurs criardes, logos omniprésents et silhouettes ultra-sexy à l’image de Paris Hilton, elles prennent le contre-pied. Leur esthétique est sobre, discrète, presque austère : des lignes pures, des couleurs neutres, des vêtements conçus pour durer. Au point de devenir, quelques années plus tard, l’une des incarnations les plus emblématiques du quiet luxury.
Qu’est-ce donc que ce “luxe silencieux” ? Le concept s’inscrit dans la mouvance normcore, un courant qui valorise une élégance discrète et sans ostentation. “À l’époque, racontait Ashley au Monde en 2022, il y avait juste une chaîne en or dans le dos. Aucune publicité, aucun logo, rien… et les pièces se sont vendues très rapidement. Nous avons donc pensé que si nous faisions un produit bien pensé, bien coupé, confortable, un vêtement de qualité, il se vendrait – et il s’est vendu – sans rien d’autre autour. Nous ne voulions pas nous mettre en avant.”
Leur petite taille, longtemps perçue comme une contrainte, va également nourrir leur réflexion. “Nous sommes petites, poursuit Ashley, toujours dans Le Monde, il a toujours été difficile pour nous de trouver des pièces simples qui nous allaient bien. Je pense qu’il y avait un manque sur le marché à ce niveau-là. La coupe a donc toujours été quelque chose de très important pour nous.“
Au-delà de la coupe, le choix des matières fait lui aussi l’objet d’une attention particulière. Pour confectionner leurs vêtements, les créatrices privilégient des matériaux naturels et luxueux : cachemire, laine vierge, alpaga, mohair duveteux, mais aussi poil de chameau ou encore cadis, une solide étoffe de laine autrefois fabriquée dans le Gévaudan.
Côté couleurs, les Olsen, dont la famille compte désormais un nouveau membre célèbre, cultivent la même sobriété. Noir, beige, gris, brun, écru : elles misent sur des teintes intemporelles, à mille lieues du bling-bling. Une philosophie qui séduit les fashionistas du monde entier. Et ce malgré des prix particulièrement élevés : comptez environ 1 500 euros pour une chemise, 3 000 euros pour une veste et jusqu’à 5 000 euros pour un manteau. Sans campagne tapageuse ni omniprésence médiatique, The Row est pourtant parvenue à s’imposer dans l’industrie du luxe, venant concurrencer les grandes maisons du secteur comme Vuitton ou Gucci.
Vingt ans après sa création, la marque, bien que n’étant pas épargnée par les polémiques, est devenue un véritable empire. Mary-Kate Olsen, qui fut un temps en couple avec Olivier Sarkozy, le demi-frère de l’ancien président français, et sa soeur Ashley peuvent se targuer d’avoir bâti l’une des success stories les plus impressionnantes de la mode contemporaine. Après une levée de fonds en 2024, Bloomberg News estimait la valeur de l’entreprise à près d’un milliard de dollars. De quoi faire… la fête à la maison !
