
Depuis des mois, Patrick Bruel est dans la tourmente en raison de témoignages de femmes l’accusant de viol et d’agression sexuelle. Parmi elles, Flavie Flament qui, en 2016 déjà, racontait avoir été la victime du photographe David Hamilton. L’animatrice avait indiqué sur Instagram porter plainte contre le chanteur qui s’était exprimé à la suite de cette déclaration : “Depuis deux mois, je choisis de réserver ma parole à la Justice. Mais je ne peux plus laisser dire sans réagir des choses aussi contraires à ce que je suis, et se propager des allégations, des rumeurs parfois absurdes et écœurantes, au détriment de la vérité.”
S’il admet une “brève histoire” avec Flavie Flament, il nie toute forme de violence et indique une relation consentie. Après sa prise de parole, Patrick Bruel a poursuivi les représentations, les concerts, toujours salué par son public. C’est d’ailleurs en découvrant des images de lui applaudi après un spectacle que Flavie Flament, qui avait témoigné anonymement dans un premier temps dans l’enquête menée par Médiapart, a décidé de sortir de l’ombre : “Ça m’a révoltée. J’ai pris ça comme un signe d’impunité totale. Une chape de silence allait se rabattre sur la parole des femmes. J’ai décidé de donner un grand coup dans la porte” fait-elle savoir dans Elle.
Décidée à mettre sa notoriété au service de toutes les victimes anonymes, Flavie Flament est partie au front tout en ayant conscience des revers qu’elle risquait d’essuyer. Elle n’en veut d’ailleurs pas aux femmes qui continuent de prendre la défense de Patrick Bruel et se met à leur place : “Je cherche à comprendre cet aveuglement face à trente témoignages de femmes, et plus encore. Mais je peux concevoir que c’est tout un pan de leur vie qui s’effondre. Déboulonner son idole, cela peut être très douloureux, je ne leur en veux pas. Il a eu une image parfaite, il est entré dans le coeur des gens, surtout des femmes. Elles connaissent aujourd’hui la morsure de la déception.”
Reste à savoir ce qu’a pensé et ressenti Flavie Flament en entendant la défense de celui qu’elle accuse : “La décrédibilisation de la parole des victimes, je sais ce que c’est, je m’y attendais. Mais les moyens utilisés ont été particulièrement offensants. Le fait de sous-entendre que j’aurais eu une relation avec un homme qui m’a violée quand j’avais 16 ans, que j’étais consentante au drame que j’ai subi… Je n’imaginais pas qu’on verserait dans une telle vulgarité, une telle offense, une telle insulte.”
Un récit qui lui a fait mal mais qui ne l’a pas mise à terre pour autant : “J’ai laissé passer, c’est la démonstration aux yeux du monde de ce qu’on peut faire pour museler une victime. De toute façon, j’ai ma vérité et elle sera débattue devant les tribunaux. Devant la justice, on doit prouver ce que l’on dit, et je suis parfaitement sereine.”
Patrick Bruel a depuis annulé des engagements. Il a notamment mis un terme à sa collaboration avec les Enfoirés pour ne pas “mettre dans l’embarras l’association” et annulé sa présence dans les festivals de cet été en plus de plusieurs dates de concert.
Patrick Bruel reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés jusqu’à clôture du dossier.