
Samuel Le Bihan, que les téléspectateurs retrouvent ce jeudi soir sur France 3 dans l’épisode charnière d’Alex Hugo intitulé La dernière piste, mène de front sa brillante carrière et son rôle de père. À l’affiche de la récente série Carpe Diem sur TF1, l’acteur est surtout l’heureux papa de trois enfants. S’il a un fils, né de sa relation avec Patricia Franchino, et une petite Emma-Rose née en 2018 avec Angie Vu Ha, c’est avec Angia, née en 2011 de ses amours avec Daniela Beye, et qu’il élève seule, qu’il livre son combat le plus intime. Âgée de 14 ans, l’adolescente est atteinte de troubles autistiques, une singularité qui impose aujourd’hui à la famille des ajustements inédits.
En effet, si le comédien a su accompagner sa fille hors de sa bulle durant l’enfance, il doit à présent faire face à de nouveaux défis avec son entrée dans la puberté. L’enfant laisse place à la jeune femme, bouleversant des repères durement acquis au profit d’enjeux psychologiques liés à cet âge complexe. “Évidemment, là, on affronte quelque chose d’autre, on rentre dans l’adolescence. Donc, on va rentrer dans le rejet… C’est dur pour les enfants. Le fait d’être adolescent, c’est un moment de vie qui est particulièrement fragilisant”, a-t-il confié sur les ondes de RFM en novembre 2024. Faire face à ce sentiment de vulnérabilité exige une adaptation constante pour le père de famille, qui navigue à vue dans cette transition délicate en admettant humblement : “On l’aborde comme on peut, au jour le jour”.
Cette philosophie du “jour le jour” guide Samuel Le Bihan depuis la toute première annonce du handicap de sa fille. Avant de gérer les affres de l’adolescence, il a d’abord fallu encaisser le choc du diagnostic. Les premiers signes ne l’avaient pourtant pas trompé. Lorsqu’il a compris que le comportement de sa fillette relevait de l’autisme, il n’a pas été totalement surpris : “Je l’ai compris parce que je voyais que ça ne connectait pas. Et je m’attendais à ce qu’on m’appelle un jour”, expliquait-il en janvier 2026 dans l’émission 20h30 le dimanche. L’officialisation du trouble l’a néanmoins plongé dans un profond désarroi. Il se souvient avoir ressenti une immense tristesse en pleine représentation théâtrale : “Je jouais au théâtre et je me suis surpris en train de pleurer en coulisses pour cette enfant qui aurait plus de mal dans la société. Je trouvais ça injuste. Et j’étais désarmé face à quelque chose qui me dépassait. Je ne me suis pas raconté d’histoires, j’ai fait au jour le jour.” Un vertige inévitable pour tout parent angoissé par l’avenir : “C’est un sentiment d’injustice pour votre enfant. Vous pensez à lui, à la place qu’il aura dans la société et à la liberté qu’il aura en utilisant tous les moyens qui sont à notre disposition tous les jours”, ajoutait-il à la télévision.
Ce combat des premières années a d’ailleurs eu de lourdes conséquences sur sa propre vie sociale. L’hypersensibilité d’Angia l’a progressivement éloigné d’une partie de son entourage, par crainte de l’incompréhension face à des situations intenses. “Votre enfant ne réagit pas comme les autres parce qu’il crie facilement, il se jette par terre, il peut avoir des accès de violence, il ne comprend pas le monde qui l’entoure, il est hypersensible aux bruits, aux émotions”, détaillait-il, concédant avec franchise la réalité de cet isolement amical : “Donc ça vous isole un peu des amis parce que votre enfant peut éventuellement foutre vraiment le bordel.”
Malgré la rudesse de ce parcours et l’ampleur des épreuves actuelles liées à l’adolescence, Samuel Le Bihan préfère s’émerveiller des victoires quotidiennes. Il conserve un regard résolument optimiste, soulignant qu’Angia est “bouleversante parce qu’elle a fait des progrès incroyables”. Fièrement, il rappelle : “Aujourd’hui, elle a un parcours qui est inouï. Elle développe des compétences folles.” Des avancées majeures rendues possibles par des méthodes comportementalistes qui l’ont aidée à effectuer “un parcours extrêmement courageux”. Un message de résilience qu’il continue de porter à travers la création d’Autisme Info Service, une plateforme qu’il espère “extrêmement encourageante pour les familles”.