
A 72 ans, Guy Savoy s’impose comme l’une des figures les plus incontournables de la gastronomie française. Tout au long d’une riche carrière jalonnée de distinctions prestigieuses, le chef a porté l’excellence culinaire à son paroxysme. Pourtant, si son nom est indissociable de la capitale française, un aspect plus secret de son quotidien échappe souvent au grand public : ce grand maître des fourneaux partage en réalité sa vie et son savoir-faire entre deux continents, oscillant régulièrement entre sa cabane dans les Alpes vaudoise, Paris et les Etats-Unis.
Cette aventure américaine se déploie au Restaurant Guy Savoy, niché au cœur du célèbre hôtel Caesars Palace à Las Vegas. Cet écrin propose une expérience gastronomique française de classe mondiale, distinguée par le service 5 étoiles de Forbes. Les clients peuvent y savourer des plats emblématiques comme la soupe d’artichaut à la truffe noire ou encore le bœuf Wagyu japonais, tout en profitant d’une cave de 12 000 bouteilles. Dans le podcast A table avec…, Guy Savoy s’est confié sur son organisation : “A Vegas, on est ouvert que cinq soirs par semaine. Ici, je suis ouvert que quatre jours. Il y a tellement de manières, de façons de le faire. C’est à chacun de trouver dans quel scénario il se sent le mieux. Moi je pense que j’ai trouvé maintenant, avec ces trois jours de présence au restaurant. C’est le bon équilibre pour moi. Les équipes ont l’air de bien le vivre aussi, on est bien.” Sa présence outre-Atlantique reste un pilier de son planning : “Lorsque je suis à Vegas, je suis en contact avec les clients aussi. Je traine encore plus là-bas. J’y vais deux fois par an. Au mois de mai, au moment des grands ponts, parce qu’on essaye toujours de fermer entre deux ponts. Parce qu’on travaille un jour sur deux à l’année, finalement, quand on enlève les vacances. Donc ça va, je peux tenir jusqu’à 100 ans, non ?” Et le chef récemment récompensé de conclure : “Si je garde la santé, je resterai jusqu’au plus tard possible.”
Malgré cet ancrage américain, c’est au 11, quai de Conti, au sein de la Monnaie de Paris, dans le VIe arrondissement de Paris, que le chef se sent chez lui. Elu meilleur restaurant du monde en 2026 par La Liste pour la neuvième année consécutive, cet espace a été pensé comme un appartement par l’architecte Jean-Michel Wilmotte. En janvier, Guy Savoy y a enregistré le podcast A table avec…. “Je suis chez moi ici. Mais c’est vrai que je ne suis pas propriétaire du fonds de commerce“, lance alors celui qui file le parfait amour avec Laetitia Barlerin, se rappelant sa visite en novembre 2009 : “J’ai eu le coup de foudre tout de suite. Au fur et à mesure que j’avançais dans ces locaux qui étaient à l’époque des bureaux, j’avais le restaurant qui se dessinait. J’ai tout vu : les salons, ce grand couloir où allait se passer la circulation du service… Je me suis dit qu’il fallait absolument que je sois là. Et mon dossier a été retenu.” Ce quartier chic offre un panorama exceptionnel. “J’ai une vue sublime sur le Paris qu’on aime : la Seine, le pont des Arts, une aile de l’institut de France, de l’autre côté on voit le pont Neuf, la Samaritaine en face… Ce lieu est unique“, s’extasie le chef. De quoi trancher avec le décor électrique de Las Vegas.


